MATILDA ASLIZADEH ET GWENESSA LAM: ÉTAT DE BORD


Installation vidéo, dessins

5 septembre – 4 octobre, 2014

Description du projet

Quand une ligne devient un mur et qu’un cercle devient une forteresse

Quelle est la forme d’un bord?

En dessin architectural, une ligne délimite un espace qui peut séparer ou renfermer un corps. Une simple ligne frontière peut orienter ou restreindre le mouvement de communautés entières. Cependant, tous les murs ont des failles, des fissures et des passages interdits. Les œuvres de Matilda Aslizadeh et de Gwenessa Lam occupent ces espaces-frontières, ces « états de bord ».Leurs images questionnent la résilience des structures défensives, telles qu’elles existent entre triomphe et ruine, ou détérioration et transformation. Les murs et les tours ont depuis toujours marqué les frontières associées au  territoire et à la souveraineté d’une nation.Matilda Aslizadeh et Gwenessa Lam revisitent ces barrières sous forme d’espaces mutables.

L’exposition comprend une installation vidéo de Matilda Aslizadeh, et des peintures et dessins de Gwenessa Lam.

Matilda Aslizadeh

L’installation vidéo de Matilda Aslizadeh comprend un écran circulaire sur lequel est diffusé l’image d’un mur constitué de fragments de culture matérielle. Puisant dans toute l’histoire de l’humanité, les dépouilles d’un musée saccagé sont réutilisées pour créer un seuil entre inclusion et exclusion. Touchant les concepts de frontières nationales, de barricades, de ruine et celui du spectacle, l’œuvre établit une relation entre les systèmes de  défense, la culture historique et le divertissement. La rotation lente de l’image invite le spectateur à contempler l’espace-tempset la fonction de cette frontière inventée.

Gwenessa Lam

Les dessins et les peintures à grande échelle de Gwenessa Lam représentent des tours flottantes, inspirées du style architectural des dialous de Kaiping. Datant de la fin du XIXe siècle, les dialous sont des maisons bâties sur plusieurs étages dans le comté de Kaiping, à Guangdong, en Chine. À l’origine, ces tours fortifiées ont été construites comme protection contre le vol et les bandits. Inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, les dialous témoignent d’une fusion complexe de divers styles architecturaux et sont le reflet du rôle significatif que joua l’émigration dans le développement de plusieurs régions en Asie du Sud, en Australasie et en Amérique du Nord. Les dessins de Gwenessa Lam présentent des silhouettes ou des représentations délavées des dialous. Leurs formes hybrides tentent de « décapiter » le modèle de ces tours, de reconfigurer leur efficacité comme moyen d’accès au pouvoir ou à l’évasion.