L’artiste inconnu [Module1]: Territoires

Installation vidéo

14 janvier – 12 février, 2011
Vernissage le samedi 15 janvier, 15-17h
Rencontre avec l’artiste à 14h

Description du projet

« [Ceci] pourrait bien être ce que plusieurs d’entre eux font sans se rendre vraiment compte qu’ils participent peut-être à un projet collectif qui englobe toutes leurs interventions et expérimentations individuelles. »

– Proverbe Çabôcounien

L’artiste inconnu (Ai) sous ses différents couverts

Le monument, qui incarne une mémoire collective et des valeurs communes, est généralement un ouvrage d’un seul tenant, immuable et grandiose. La programmation de l’Artiste inconnu est au contraire éclatée, en mouvement, et n’existe actuellement que dans une forme en devenir. En effet, ce n’est qu’au terme d’une exploration à la fois individuelle et collective, hors des sentiers battus, que se précisera le sens de la proposition. Les artistes ont été choisis à la suite d’un appel à enrichir un corpus qui décrit l’Ai comme une figure qui occupe des espaces mouvants, fait naufrage sur des îles flottantes, décompose en formes multiples une topographie en voie de cristallisation.

Les expositions présentent un Ai protéiforme : un vaste espace architectural sans sujet, une signature sans présence, une présence sans signature, une voix unique portée par d’autres, un futurologue, un collectif anonyme, un mineur qui invente une méthode pour extraire des connaissances du gisement de l’inconnu. Portant principalement sur la figure de l’artiste et la possibilité de brouiller ou d’étendre les limites de son corpus descriptif, les œuvres et les interventions revisitent la subjectivité et le territoire, l’identité établie ou à établir, les modes d’émergence explorés ou à explorer. L’élément inconnu est certes constitutif des expositions, mais il agit également sur le fonctionnement de la programmation, forgeant son caractère indéterminé.

Ainsi, l’Ai ne prendra corps qu’à la fin de la programmation, quand la forme et le contenu des œuvres et des interventions seront connus. Ce procédé à rebours fait en sorte que les paramètres de la proposition et l’étendue des expositions fixés normalement en début de processus seront précisés et soumis à une structuration et à une évaluation critiques une fois que tout aura été dit et montré. Cette approche inversée qui contribue au sentiment d’incertitude que suscite l’inconnu se fait l’écho de la démarche de l’artiste qui s’engage et prend des risques.

Si le point d’arrivée est à découvrir, le point de départ est donné, et les contours du territoire à parcourir, tracés. C’est sur ces terres sillonnées de chemins exploratoires que l’Artiste inconnu pourra se construire en toute liberté.

Module 1 : Territoires

Comissaire: Bernard Schütze

Les expositions et les interventions sont groupées en trois modules différents quoique complémentaires qui jalonnent la programmation. Le premier consiste en une installation vidéo qui invite le spectateur à laisser errer son regard dans un espace, un territoire sans sujet. Le point de départ du parcours est donc le lieu d’émergence des diverses trajectoires qui mèneront à autant d’incarnations de l’Artiste inconnu.

Il s’agit d’une vidéo dans laquelle une prise de vue apparemment continue se déplace dans une série de pièces et de couloirs abandonnés pour former une entité architecturale improbable dépourvue d’extérieur. Composée d’un montage de séquences puisées dans divers sites Web de partage vidéo, l’œuvre tisse de multiples positions qui produisent ainsi un point de vue monologique fictionnel n’appartenant à personne en particulier. En jouant sur les conventions narratives de la prise de vue subjective, Monologue de Patrick Ward révèle un territoire paradoxal issu de la rencontre entre sujet inconnu et objet inconnaissable.

Clés

1. « The moment one drops the point of view of the collecting and observing subject and assumes the perspective of the collected object, the violence inherent in all sorting, re- and devaluing, fixing, and defining becomes apparent. » issuu.com/kouros/docs/collecting

2. Rope (1948)

3.« les travellings sont affaire de morale » – Jean-Luc Godard