NAVIGUER EN EAUX TROUBLES

Multidisciplinaire

Présentée à la Galerie d’art Desjardins à Drummondville

17 janvier – 8 mars 2020

Vernissage le 17 janvier dès 19h30

Un service de navette entre Montréal et Drummondville est offert gratuitement.

Le départ de l’autobus pour le vernissage se fera à 17h30 de la Gare d’autocars de Montréal située au 1717, rue Berri.

Description du projet

Lorsque l’étrange frappe à la porte du familier, il crée un inconfort perceptif et psychologique. S’immisçant de manière subtile, pour ne pas dire sournoise, il provoque des malaises ou des peurs. Ce qui habituellement nous rassure — gestes et images du quotidien — devient dérangeant au point de conduire à de grands questionnements sur l’autre, l’ailleurs, l’au-delà. Alors le symbolique se conjugue au pluriel donnant la parole au mythologique, au surnaturel, à l’allégorique ou au poétique.

Faire du quotidien un théâtre mystérieux, c’est ce que propose David Martineau Lachance en troublant et testant les limites de l’« acceptable ». L’installation se compose d’une série de vidéos donnant accès des situations qui réfèrent à des peurs présentes dans la mythologie contemporaine. Par exemple, l’angoisse prend le dessus lorsque, dans un autre canal, une scie électrique descend lentement vers un avantbras en train de se débattre. Ailleurs, l’esthétique des films d’horreur se trouve mise à mal tandis qu’un personnage masqué boit tranquillement un cocktail, assis sur le rebord d’un canapé. L’humour l’emporterait-il sur la peur?

Chez Élise Provencher, l’humour dialogue avec le monstrueux, laissant planer un sentiment paradoxal. L’artiste puise dans la mythologie, le folklore et l’héritage religieux une inspiration féconde lui permettant de questionner la nature humaine. Ceci donne corps à des figures généralement grotesques, parfois obscènes, souvent teintées d’humour noir. Tandis que des corps informes donnent l’impression de naître de l’argile tel le Golem (La Balade des gens heureux), d’autres formes cette
fois-ci hybrides ne peuvent nous empêcher de penser à Cerbère (Gardians) ou à l’Hydre de Lerne (Mean Girls). L’évocation est évidente, mais l’identification jamais
automatique. C’est que l’artiste réinvestit ces références, conscientes ou non, dans une mythologie personnelle.

L’étrangeté figurative qualifiée par l’inhabituel, le bizarre et le monstrueux s’exprime également dans le travail de Brendan Flanagan, qui puise davantage dans le spectral et le cabinet de curiosités des voies d’exploration singulières du monde virtuel et de la manière dont il affecte notre façon de percevoir et comprendre le monde. En passant de l’univers numérique à l’univers matériel, des fluctuations s’opèrent : des nouvelles données et du matériel sont créés, d’autres sont perdus ou modifiés.

Le vertige de l’immensité du numérique trouve dans l’univers cosmique des résonances que les récits populaires aiment couvrir d’une couche d’étrangeté. La pratique de Jeanette Johns repose sur l’observation et l’exercice du regard, avec une acuité particulière envers la transcription et la représentation bidimensionnelle de l’espace. Il plane sur les planètes et les astres, sur l’univers, sa représentation et son fonctionnement, une aura mythique et mystérieuse que l’artiste met en intrigue par des enjeux de perception optique.