Arkadi Lavoie Lachapelle: fabuler & renaître

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Installation

9 mars – 22 avril 2017

Vernissage et présentation le samedi —  8 avril à 14h

En 2016, lors d’une alliance étroite entre les pratiques du droit et de la bioéthique de Jean-Frédéric Ménard et celles de l’art action d’Arkadi Lavoie Lachapelle, un contrat pour l’achat d’une œuvre d’art fût développé. Celui-ci positionne l’acheteuse dans un rapport équitable avec l’artiste. L’ histoire de ce contrat est présentée à Skol, accompagnée de la photographie Jour de fête!.

Le contrat est disponible en ligne gratuitement, en français ICI

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« Le SEUL problème peut advenir lorsque vous vendez à quelqu’un qui n’est pas votre ami. Étant donné que 75 % des œuvres d’art vendues sont achetées par des personnes qui sont des amis soit de l’artiste soit du marchand ― des amis qui dînent ensemble, qui boivent ensemble, qui ont une vie sociale commune, qui passent le week-end ensemble, etc. ― la seule opposition qui puisse exister ne pourra dépasser 25 % des cas où votre travail sera vendu. De ces personnes « étrangères » [sic] la majorité souhaite à coup sûr être en bons termes avec vous et ne demandera pas mieux que de signer le Contrat avec vous. Il reste donc peut-être 5 % de vos ventes qui risquent de rencontrer de sérieuses résistances à l’égard du Contrat. Même cette résistance réelle devrait descendre à zéro étant donné le fait que l’utilisation du Contrat sera généralisée.

Pour ainsi dire, ce Contrat vous permettra de savoir qui sont vos amis ».

– Seth Siegelaub, extrait de l’introduction au Contrat pour la préservation des droits de lartiste sur toute œuvre cédée (Contrat Provjanski), 1971, p.4.

 

« Je ne reprendrais plus cette recherche de poésie jusqu’à ce que j’aie par moi-même la preuve que c’était un jeu et rien qu’un jeu, comme de cueillir des fleurs ou de chevaucher Morella… »

– L’art de la joie, Goliarda Sapienza, 1996, p.475.

 

« J’acquiers des œuvres par amour, et non comme investissement financier ».

– Discours d’un historien de l’art. Voici le début d’une histoire. La phrase-élan.

 

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– J’aimerais t’encourager, j’aimerais acheter ta vidéo.

– D’accord… alors j’ai pensé : puisque tu dis que tu collectionnes les œuvres pour elles-mêmes, pourquoi ne pas inventer un contrat où 100 % du plus value, lors de la revente de l’œuvre, reviendrait à l’artiste qui l’a faite ? Ça mettrait de l’avant une critique plus directe du système spéculatif du marché de l’art et de l’exploitation sur lequel ce système se base. Et aussi ça établirait les bases d’une relation plus équitable entre artiste et acheteur. La valeur du geste présentement serait surtout symbolique mais l’engagement est réel et significatif. Excitant non?! T’en dis quoi, serais-tu prêt à signer?

– Je préfère attendre pour l’instant.

 

De l’encouragement au fabulé mis en attente;

De la pratiqueuse de l’art de la joie à l’avocat-éthicien-chercheur;

Des soins intensifs néonataux au Jour de fête!;

Du problème d’entreposage au besoin d’argent pour l’encadrement;

Du droit de suite au 100 % du plus value;

Du Contrat Provjansky (1971) au Contrat féministe (2016);

Du ben ça stimulera pas le marché au non, mais ça favorisera des rapports solidaires;

De l’œuvre à l’outil;

De la parole aux actes;

De l’usage à l’œuvre;

 

De là renaît l’image, et

peut-être somme toute,

son potentiel spirituel.

 

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Remerciements de l’artiste : Des mercis chaleureux et reconnaissants à Jean-Frédéric Ménard, Isabelle Brabant, Mathieu Jacques, Martin Schop. François Rioux, Michelle Lacombe, Stéphanie Chabot, Adriana Disman, l’équipe de Skol, l’équipe d’Espace projet, l’organisme Espace Sud-Est (Gham&Dafe), l’EAVM, Luce Decelles pour le programme Jeune Volontaire et l’équipe invisible.

Je reconnais que les détenteurs traditionnels des terres que nous appelons aujourd’hui Montréal, lieu où je vis et pratique, sont les membres de la Confédération Haudenosaunee, regroupant les Mohawks, les Onontagués, les Onneiouts, les Cayugas, les Sénécas et les Tuscarorens.

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