Steve Giasson: 11

Exposition

7 septembre – 6 octobre, 2012
Vernissage le vendredi 7 septembre, 17h30

Description du projet

Onze ans après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, force est d’admettre que l’Occident ne s’est pas encore remis de cet événement: les guerres larvées et désormais sans nom dans lesquelles la Coalition s’est engagée, une crise économique mondiale et un certain climat de peur et de méfiance témoignent du fait que notre civilisation a été ébranlée.

Dans le cadre de l’exposition 11, l’artiste conceptuel Steve Giasson cherche justement – en multipliant les emprunts, les prolongements, les échos, mais aussi les médiums – à cerner modestement les contrecoups et les relations complexes que cet « effroyable spectacle » (Mondzain, 2002, p.9) et d’autres signes avant-coureurs entretiennent encore avec l’image. Il présente donc sept pièces qui tentent, non pas de « revisiter l’événement lui-même, mais plutôt ses conséquences, ses manifestations médiatisées » (Enwezor, 2008. p.29) passant notamment par la mise en boucle de ses images, mais aussi par la prolifération galopante des commentaires à leur sujet. Dans son texte accompagnant l’exposition la poétesse conceptuelle Vanessa Place écrit:

« Les tragédies sont-elles toutes uniformes ? Et les uniformes sont-ils tous tragiques ? Ce sont des questions rhétoriques, pas étrangères au terrorisme, à la guerre, à la haute poésie ou aux vêtements mode des grands magasins à rayon. Ainsi, Skol : 11 ne donne aucune réponse, mais plutôt des catéchismes pointillistes et inutiles. En effet, si nous sommes parvenus en quelque sorte à comprendre que toutes les tragédies ne sont pas des mises en scène, mais plutôt des atomisations, et nous avons perdu nos illusions, cet espoir adolescent que l’histoire humaine n’a rien à voir avec la nature humaine, nous nous trouvons devant rien, ce qui est là où nous devrions être. »

Clés

1. Steve Giasson, 11, UBU, Publishing the Unpublishable #56, 2010

http://www.ubu.com/ubu/unpub.html
http://www.ubu.com/contemp/giasson/index.html

2. « Le 11 septembre 2001, le plus grand des coups fût porté à cet empire du visible, serviteur de toutes les formes modernes de la puissance conjuguée de l’économie et de ses icônes. Venus du ciel comme des anges exterminateurs, deux avions abattent les tours de la domination. […] Dans la minute même, l’affaire fut traitée en termes visuels, mêlant dans le plus grand désarroi, le visible et l’invisible, la réalité et la fiction, le deuil réel et l’invincibilité des emblèmes. L’ennemi avait organisé un effroyable spectacle. […] C’est alors qu’on entendit des voix pour suggérer que pareil crime avait été préfiguré, voire inspiré, par les écrans hollywoodiens dans les films catastrophes. Voilà l’image au banc des accusés, elle rend criminel. »

-Marie José Mondzain, L’image peut-elle tuer ?, Paris, Bayard, 2002, p. 8-10.

3. « The traumatic images became archival the instant the first footage surfaces and the need for documentary accounts grew. September 11 created a new « iconomy », a vast economy of the iconic linking archive to traumatic public memory. As the circulation of these images continues unabated, it is fair to ask what their status is beyond their initial documentary purpose as evidence of two incomprehensible acts of violence. Have the images become emblematic more of the aftermath than of the event itself ? How does one revisit, not the event itself, but its aftermath, its mediatizied manifestation? »

-Okwui Enwezor, « Archive Fever : Uses of the Document in Contemporary Art », New York : International Center of Photography, Göttingen, Steidl, 2008, p. 29.