Fait maison : histoires badass des communautés QTBIPOC de Montréal
Exposition individuelle et collective
Du 10 septembre au 28 novembre 2026
Rencontre avec l’artiste et visite commentée à SKOL
Samedi 12 septembre de 16h à 19h (visite à 17h30)
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Que reste-t-il des espaces que nous avons construits ensemble lorsque les soirées sont terminées, que les lieux ont fermé, que les collectifs se sont dispersés et que notre propre mémoire commence à nous échapper ?
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Avec Fait maison : histoires badass des communautés QTBIPOC de Montréal, Kama La Mackerel revient sur près de quinze années de pratiques artistiques et de création communautaire au sein des communautés QTBIPOC — queer, trans, noires, autochtones et racisées — de Montréal.
À partir d’archives personnelles et collectives, l’exposition rassemble des affiches DIY, des photographies, des vidéos, des bannières, des vêtements, de la musique, des publications et des objets. Ces traces racontent des projets, des soirées, des amitiés et des luttes, mais aussi des espaces de création construits avec peu de moyens et beaucoup d’inventivité, de travail et de soin.
Fait maison ne cherche pourtant pas à reconstruire une histoire définitive. Quinze ans plus tard, certains souvenirs demeurent intacts ; d’autres se sont brouillés ou effacés. Certaines histoires sont abondamment documentées ; d’autres ne subsistent presque plus que dans les corps, les sensations et les récits. Pour préparer l’exposition, La Mackerel est retournée à la rencontre de plusieurs personnes ayant participé au collectif Qouleur. Leurs souvenirs se croisent, se complètent et parfois se contredisent. Ces écarts font eux aussi partie de l’archive.
Cette constellation rassemble plusieurs projets qui ont marqué la pratique de La Mackerel et les communautés qui les ont portés. résistance // résidence transforme en 2013 une précarité migratoire individuelle en geste de solidarité collective. GENDER B(L)ENDER devient pendant cinq ans une scène ouverte queer où des centaines de performances sont présentées, expérimentées et découvertes. . Le Self-Love Cabaret explore le soin comme pratique curatoriale : rémunérer, documenter, accueillir et nourrir les artistes. Qouleur devient un espace artistique et politique par et pour les personnes queer et trans racisées.
Tous ces projets se sont construits avec peu de ressources. Des appartements devenaient des lieux de réunion ; des cafés, des scènes ; des repas, des infrastructures communautaires. Des ami·es devenaient technicien·nes, photographes, graphistes ou organisateur·ices. Là où les espaces existants ne suffisaient pas, des communautés ont fabriqué les conditions de leur propre apparition.
L’exposition montre aussi ce que ce travail implique : bénévolat, précarité, épuisement, disparition des lieux — mais aussi des savoirs qui deviennent difficiles à transmettre lorsque les projets prennent fin. Les objets qui en subsistent changent, avec le temps, de fonction et de statut. Une affiche devient une archive. Un vêtement devient bannière. Un CD produit collectivement trouve une nouvelle vie dans une station d’écoute. Une vidéo de documentation devient témoin d’un monde qui n’existe plus de la même manière.
Au cœur de l’exposition, ces questions prennent la forme d’une grande maison textile que le public peut habiter. Recouverte de tissus et de paroles recueillies, elle abrite un autel collectif ainsi que des photographies d’un repas communautaire organisé en août 2026. Elle réactive les pratiques d’hospitalité et de rassemblement qui traversent toute l’exposition. Ni monument ni reconstitution nostalgique, elle évoque les appartements, les cafés, les galeries, les tables pleines et les lieux empruntés où, pour quelques heures, il devenait possible de faire communauté.
Avec Trans Affirmations, des saris transmis de mère à enfant deviennent des bannières adressées aux femmes trans racisées. Mémoire familiale, affirmation politique, deuil et tendresse s’y rencontrent : la douceur devient, elle aussi, une forme de résistance.
Fait maison propose ainsi une exposition où archiver, c’est autant conserver que réactiver, raconter et transmettre. L’écriture, les voix, les photographies, les textiles et les objets se répondent autour d’une même question :
Qu’est-ce que faire maison lorsque la maison n’existe pas encore ?
Peut-être est-ce créer, ensemble, un endroit assez vivant pour accueillir ce qui nous précède — et assez ouvert pour que d’autres puissent encore y arriver.

