Festival SKOL : Programme 29 août 2026
Artistes :
Antenne · Kat Barr & Des Rivière · Théo Bignon · Dayna Danger · Austin Henderson · Ether Blais-Issa
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Programme :
11h–19h · ETHER BLAIS-ISSA
Exposition: Matrice du chaos
C’est à travers le prisme de l’invisibilité que prend forme la prémisse pour une réinterprétation de la brique, un module élémentaire fondamental en architecture. En utilisant une forme culturellement reconnue et acceptée auprès du grand public, les biomatériaux en forme de brique évoquent une force silencieuse capable de pirater le milieu de la construction et de l’environnement bâti. Les briques à base de mycélium remettent en cause les maillons modernistes néolibéraux afin de déstabiliser et de reconfigurer notre relation à une architecture qui n’est pas manufacturée, mais cultivée. Ce bouleversement de paradigme articule un manuscrit nouveau ou ancien, qui traite du vernaculaire et du vivant pour aborder la notion de résilience et de soin au sein du tissu urbain. La brique n’est pas simplement une brique, mais un vecteur d’agentivité collective qui fait le pont entre justice sociale et écologique vers l’entrée ou la sortie du chaos.
Biographie : Ether Blais-Issa est artiste multidisciplinaire et transdisciplinaire dont le travail se situe à la croisée de la recherche environnementale, des biomatériaux, de l’architecture et de la scénographie. La démarche d’Ether s’inscrit dans un continuum temporel au sein des sphères de la politique spatiale et environnementale. Engagé·e dans l’étude de la relation évolutive entre la matière et l’environnement, iel considère l’agentivité des matériaux comme un puissant vecteur permettant de situer et de façonner des dynamiques écosystémiques holistiques au sein du vivant. Sa pratique rejoint la transmission et l’intersectionnalité des savoirs vernaculaires low tech, perturbant les dynamiques de pouvoir systémiques à même leurs racines.
11h–13h · DAYNA DANGER
Atelier : Percussion avec Dayna Danger
Les participant·e·s se joindront à l’artiste visuelle et joueuse de tambour bispirituelle Dayna Danger, de la Fédération métisse du Manitoba / Saulteaux / Polonaise, pour une activité de tambour à main dans le parc. Ensemble, nous apprendrons le Chant de l’Ours Blanc, un chant lié à l’autonomisation des femmes et à la protection contre la violence. À travers le chant et le tambour collectifs, l’activité crée un espace de soin, de courage et de connexion incarnée. Cette activité est ouverte à tou·te·s. Se rassembler dans le parc du Village est un acte de présence significative : une interruption de la violence coloniale à travers la résistance, la joie et le chant autochtones. En occupant l’espace ensemble, le tambour devient à la fois une force d’ancrage et une déclaration publique de survie, de protection et de communauté.
Biographie : Dayna Danger (iel) est une personne bispirituelle, indigiqueer, métisse-saulteaux-polonaise, artiste visuelle, tanneuse de peaux, joueuse de tambour et perleuse. La pratique artistique de Danger est un acte de réappropriation de l’espace et du pouvoir face aux projections de la société sur les sexualités et la représentation. Cela se manifeste dans l’art de Danger à travers des images délibérément à grande échelle qui accordent une importance aux personnes s’identifiant comme femmes, bispirituelles, transgenres et non binaires. Leur art utilise des références symboliques aux communautés kink pour interroger de manière critique la visibilité et le rejet. Danger place les proches (Kin) et la pratique du consentement au centre de son travail afin de créer des œuvres qui produisent une suspension de la réalité où se déploient des dynamiques complexes de sexualité, de genre et de pouvoir.
13h–14h30 · KAT BARR & DES RIVIÈRE
Atelier : Archives Queer, création d’un zine collectif
Rejoignez Des Rivière & Kat Barr pour un atelier collaboratif de recension queer. Nous invitons les gens à venir s’asseoir, discuter et partager des histoires, tout en participant à un exercice de dessin méditatif qui aide à traduire la perspective de l’auditeur·rice en langage visuel. Un fanzine collectif et une cassette audio seront compilés et partagés avec les participant·e·s après l’atelier.
Biographies : Kat Barr est une artiste visuelle vivant et travaillant à Montréal. Iel est diplômé·e d’un BFA de l’Université Concordia, avec une spécialisation en peinture et dessin. Barr explore le corps physique et implicite dans sa pratique. Dans une collaboration avec le matériau naturel, la forme prend vie là où la surface capte le pigment et où la main de l’artiste faiblit; tandis que la frontière et la limite se négocient à travers un processus de dénouement. Sa pratique interroge le travail du toucher et la valeur du fait-main. /// Des Rivière est un·e artiste basé·e à Tiohtià:ke-Mooniyang-Montréal dont la pratique se déploie à travers le son, la performance, l’installation et les processus collaboratifs. Nourri par l’écologie sonore, le pistage faunique et le Do-It-Together, iel développe des projets qui explorent les relations entre le territoire et la perception. À travers des ateliers participatifs et des expériences sonores éphémères, iel cherche à altérer et faire émerger différentes manières d’entrer en relation avec l’autre. Son travail cherche à générer des espaces de rencontre sensibles où une écoute augmentée devient un outil donnant accès à la mémoire collective de nos proches non humains et permettant la transformation de notre rapport au vivant.
14h45–19h · ANTENNE
Performance: Décomposition (je ne suis pas trans)
Décomposition (je ne suis pas trans) met en relation le traitement productiviste du cadre bâti et du corps humain. L’assujettissement identitaire et physique. Ces frontières qui ne cicatrisent jamais. Je ne suis pas trans. Je construis une enceinte de brique. Je m’y installe aussi confortablement que je peux. Vous entrevoyez à travers la façade. Vous me regardez et vous voyez. Tout à été construit. Il n’y a plus d’endroit où aller être. Plus nulle part où je pourrais ne pas l’être. Par contrainte, je suis trans.Biographie : Antenne aime les contextes. Amoureuse des approches situationnistes et relationnelles, elle tente de créer du lien, notamment à l’aide d’une pratique en musique, en installation et en performance. À travers une lentille résolument queer, elle cherche à questionner la politique du point de vue structurel à l’aide de protocoles propre à l’art action conceptuelle. Antenne s’implique dans l’autogestion du collectif Miroir et ponctue l’espace public d’interventions ludiques, cyniques et minimales.
16h–19h · AUSTIN HENDERSON
Performance/Atelier : Tu peux me le rappeler ?
Cette intervention artistique, intitulée Tu peux me le rappeler ?, utilisera des textiles et des transferts photographiques pour explorer les histoires queer à Montréal et au-delà. S’inspirant de l’histoire des cercles communautaires de patchwork qui ont contribué à la réalisation de la courtepointe commémorative du SIDA dans les années 1980 et 1990, cette démonstration invitera les passants à observer ou à participer au transfert d’une photo d’archives locales ou personnelles, ainsi qu’autres matériaux trouvés. Une fois terminée, le drap sera temporairement exposé à la Place du Village, invitant le public à réfléchir à notre passé commun.
Biographie : Austin Henderson est un artiste, écrivain et travailleur culturel basé à Tiohtià:ke/Mooniyang (Montréal), ayant des racines familiales à Oshawa, en Ontario. À travers le dessin, la peinture, la gravure et les textiles, la pratique d’Henderson utilise des archives publiques et privées pour établir un lien entre le passé et le présent. Son travail a été présenté partout au Canada et aux États-Unis, et ses textes ont été publiés dans des revues telles que Esse arts + opinions et Visual Arts News. Austin Henderson a participé à des résidences à la Robert McLaughlin Gallery, à Union House Arts, à Momus et à la New York Academy of Art. Il est titulaire d’une maîtrise en histoire de l’art de l’Université Concordia et d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Queen’s.
16h–19h · THÉO BIGNON
Activation du projet Fausses Lavandes
Depuis 2022, Théo Bignon développe Fausses Lavandes (False Lavenders), un projet dans lequel il fabrique et accumule des fleurs à partir de perles de verre, sequins, bijoux de fantaisie et d’autres rebuts décoratifs. Inspiré des ateliers de perlage européens du XVIe siècle, où les restes de production étaient transformés en fleurs vendues à la bourgeoisie, le projet établit des liens entre récupération, transformation, et les stratégies de survie et de création des communautés queer. La lavande porte elle-même cette tension : symbole des luttes LGBTQIA+, notamment avec la Lavender Menace, elle est devenue synonyme de relaxation après sa récupération par l’industrie du bien-être. Bignon en fait plutôt un symbole de résilience et de ruse : la capacité à produire du beau et du sens à partir de ce que la culture dominante considère comme superficiel, excessif ou sans valeur. Pendant le festival, il installe son espace de travail dans l’espace public, invitant les passants à observer, s’asseoir et échanger.
Biographie : Théo Bignon est un artiste et enseignant français vivant et travaillant à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal depuis 2020. Sa pratique explore les liens entre l’ornement et ses cultures matérielles en relation avec les joies et les difficultés des existences queer, y compris la sienne. Son travail a été présenté à l’international, notamment au Centre CLARK et à Blouin Division (Montréal), à la Villa Noailles (Hyères, France), à Headstone Gallery (Kingston, NY), à The Hive Gallery (L.A., CA), à Bunker Projects (Pittsburgh, PA), à Salon LB (Chicago, IL) et à Whatiftheworld Gallery (Le Cap, Afrique du Sud). Lauréat de la bourse ARTCH pour les artistes émergents en 2023, il est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts (MFA) de la School of the Art Institute of Chicago, où il a étudié à titre de New Artist Society Scholar, ainsi que d’un baccalauréat de Sciences Po Paris.
Nous tenons à remercier la participation financière de l’arrondissement de Ville-Marie, le soutien de la SDC Village ainsi que les Allié·e·s du Village.

