ÉRIKA NIMIS : MUTANTS

Photographie

Date à determiner

14 janvier – 27 février 2021

Description du projet

Le passé refoulé refait parfois surface : en mai 2017, l’artiste tombe par hasard sur une bibliothèque renversée, un gisement d’archives, dans un coin de l’île de Gorée au Sénégal, à la merci des mouettes, du soleil, des embruns et de la rouille. Elle s’approche du gisement pour tenter de déchiffrer les documents papier devenus pour certains illisibles et remarque quelques factures et lettres adressées à l’Université des mutants de Gorée. Cette découverte fortuite et les quelques images de traces qui en ont découlé constituent le point de départ de ce projet.

Initiée en 1978, l’Université des mutants avait pour principale mission d’”esquisser l’évolution que devrait suivre l’humanité en mutation pour assurer à tous les Hommes le bien-être et la paix”, en invitant des collaborateurs internationaux de divers horizons à venir inventer, ensemble, un futur inédit. L’île de Gorée, bloc de granit au large de Dakar, ancien comptoir d’esclaves, fut durant des siècles le symbole de l’histoire traumatique de l’Afrique liée à la traite transatlantique. À l’indépendance du Sénégal en 1960, cette petite île, “balise de l’histoire”, lieu de pèlerinage pour les Afro-descendants américains, devint un espace propice au dialogue des cultures, à travers la rencontre d’artistes et d’intellectuels du monde entier. C’était l’endroit tout indiqué pour faire naître une utopie. Quarante ans plus tard, l’artiste découvre cette utopie en friches et tente d’en faire revivre l’essence, par un travail de collecte photographique de traces attestant de son existence. Comme une archéologue en quête d’un rêve avorté, ces vestiges d’archives et d’artéfacts sont les portes ouvertes vers d’infinis possibles.

Biographie

Érika Nimis développe depuis le milieu des années 1990 une pratique à mi-chemin entre le documentaire et l’essai poétique. Par un travail sur la couleur, elle s’intéresse aux traces du passé dans le présent, en particulier aux lieux et aux choses qui ont été abandonnés ou sont oubliés, invisibles de prime abord. Érika Nimis est historienne et photographe de formation. En 2018, elle débute un projet au long cours sur plusieurs lieux palimpsestes de Dakar, capitale du Sénégal. En mai 2018, une première version de ce projet a été présentée lors de la Biennale d’art contemporain Dak’Art. En 2019, elle est retournée à Dakar pour une résidence au Village des Arts, pour un projet sur les arbres urbains, exposé aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie en 2020.

Membre des collectifs La bête à têtes et Le Trou Noir, professeure associée en histoire de l’art à l’UQÀM, Nimis est par ailleurs connue pour ses travaux sur l’histoire de la photographie en Afrique de l’Ouest.

Ce projet a bénéficié d’une bourse de création du CALQ en 2018.