VALÉRIAN MAZATAUD : GRAND NORD

Photo – Son

Exposition présentée dans le cadre du Festival Art Souterrain 2019

28 février – 06 avril 2019

Vernissage le 28 février à 17h30

Description du projet

Journaliste, photographe et artiste, Mazataud expérimente de nouvelles stratégies pour engager le spectateur à l’ère des médias. Depuis juillet 2018, le projet Grand Nord évolue à travers des ateliers de photo offerts aux habitants de Montréal-Nord.

Invités à revisiter les archives photographiques de leur quartier, retraités, adultes et adolescents ont découvert les images d’une riche histoire populaire : des fêtes communautaires aux rendez-vous amoureux, de la bourgade de Sainte-Gertrude des années 40 aux réfugiés du tremblement de terre en Haïti en 2010, des champs de navets aux centres commerciaux. Par leur travail collaboratif avec l’artiste, leurs recherches, leurs prises de rôles et leurs choix esthétiques, les participants aux ateliers ont recréé ces scènes et produits de nouvelles images, calquées sur leur histoire.

Le travail de Mazataud est une réflexion sur l’approche documentaire en photographie et son objectivité relative. Ayant été frappé par la force du lien social et communautaire de Montréal-Nord, il s’y est investi à travers un processus collaboratif. Il présente à Skol la série de photographies et la bande sonore résultant des ateliers. L’exposition sera aussi présentée à la Maison de la culture de Montréal-Nord en septembre 2019.

 

Le Vrai du Faux : thème du Festival Art Souterrain 2019

Alors que notre société et nos comportements se digitalisent et qu’il n’a jamais été aussi simple d’avoir accès à l’information, il nous devient de plus en plus difficile de discerner le vrai du faux. Multiplication des médias digitaux, démocratisation du journalisme, développement de nouveaux outils numériques permettant de modifier le réel ; l’hégémonie d’Internet nous pousse à sans cesse remettre en question ce qui, de prime abord, nous apparaît comme réel ou vrai. Les réseaux sociaux incitent ses utilisateurs à se forger une mythologie individuelle, à cultiver une image de soi qui se veut la plus proche possible de l’idée que l’on se fait de la perfection, provoquant envie et jalousie. A une époque où la possibilité nous est donnée de sélectionner le réel, la frontière entre fiction et réalité se trouble. Loin de contredire cette tendance, les artistes participent activement à ce jeu avec le réel. En effet, l’art n’est-il pas, par essence, une illusion du réel, une manière de tour à tour le représenter, le nier et l’interroger ? Les artistes se doivent-ils de dire la « vérité »? Le « vrai » est à la fois universel et subjectif : il relève de ce qui est naturel, ce que nous reconnaissons tous comme authentique, et de ce que nous ressentons et percevons personnellement. Est « faux » ce qui vient transgresser le réel. Cette transgression peut s’opérer pour diverses raisons. Pour des raisons artistiques, en faisant sortir l’art de la représentation fidèle de la réalité ; politiques, par l’usage de la propagande ; humoristiques, en trompant le réel pour provoquer la surprise chez l’auditeur ; révélatrices, en mentant pour révéler une vérité ; ou encore commerciales, en manipulant autrui pour provoquer un investissement financier.

Texte : Claire Denèle pour le Festival Art Souterrain 2019.

 

                          

 

Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord.

Gascon & Krukowski.